Mais pourquoi les politologues et les journalistes ne comprennent rien à la montée d’Emmanuel Macron ?

portrait GDI

    Géry Divry


J’écoutais encore hier sur une des nombreuses chaines de télévision un sociologue qui qualifiait Emmanuel Macron de démagogue de l’hyper centre,  Madame Parisot qui ne voyait pas avec quelle majorité Il pourrait gouverner.  Simultanément, les partis des deux cotés qui pilonnent En Marche en parlant de vide programmatique, de non programme, de flou organisé, sont relayés par une partie de la Presse.

 

Encore une fois ils n’ont RIEN COMPRIS mais alors RIEN DE RIEN, à croire que leur manque d’anticipation du Brexit, de l’élection de Trump et plus récemment de la sélection de François Fillon et de Benoit Hamon qu’ils n’avaient pas envisagé une seconde ne leur a rien appris. 

Leur logiciel est celui d’un vieil Atari quand les électeurs sont passés aux consoles 3 D en réalité virtuelle. Ils essayent d’analyser le paysage politique avec de vieux schémas et, forcément ils se plantent,  encore et encore.

Ce qu’il faut regarder avant tout c’est le sentiment dominant, et ce sentiment dominant c’est que ca suffit, le rejet des politiques en place a atteint un seuil tel qu’il occulte tout le reste, toutes sensibilités politiques confondues. Le sentiment dominant c’est l’envie de renouveler profondément la classe politique, d’essayer autre chose, une nouvelle manière de gouverner et de conduire les projets. 

Les partis en place ont déserté le centre car une curieuse doctrine politique veut qu’il n’existe pas,  Ils imaginent que c’est parce que leurs propositions ne sont pas assez tranchées ou marquées par leur camps que leurs électeurs les quittent pour se rapprocher des extrêmes alors ils se droitisent, ils se gauchisent. Comme si les français étaient en quelques années tous devenus fascistes ou communistes anti européens.

Comment leurs maitres à penser peuvent faire cette erreur catastrophique qui va les mener à la disparition.  C’est parce que ces partis n’ont pas su se renouveler et renouveler leurs cadres qu’ils meurent, Les électeurs vivent avec leur temps, les partis sont figés dans un modèle d’il y a 50 ans et tout en affirmant qu’ils faut les élire pour débloquer le pays ils refusent de voir que c’est leur comportement archaïque qui bloque ce pays.

J’ai été stupéfait que le sociologue précité laisse entendre que de défendre des idées de gauche et de droite simultanément c’était du populisme parce que cela n’est pas compatible.  Et bien notre pays meure de ces préjugés idiots !

Il y a de bonnes idées à droite et à gauche, sociales et libérales  et les opposer en permanence ne profite qu’a la classe politique en place qui vit de cette dualité entretenue depuis des années.

L’alternance démocratique des gouvernements de gauche et de droite consiste à passer cinq années au pouvoir à détricoter les actions du gouvernement précédent et cela non pas en faisant table rase du passé mais en empilant des textes législatifs sensés corriger les supposées erreurs des prédécesseurs, de ce fait notre législation est devenue un patchwork de bouts de textes et plus personne n’est capable de la comprendre, même les juges s’y perdent.

Alors lorsqu’un mouvement se met à prôner le travail ensemble, idées sociales et libérales, majorité de projet, forcement ca semble irréaliste au système en place, ils ne sont pas câblés pour comprendre, ils en sont restés au monde bipolaire de la guerre froide.

Ce qu’ils ne comprennent pas c’est que, vu l’ambiance politique délétère,  le rejet des partis en place, il n’iront pas contre le sens de l’histoire. Les américains qui sont pourtant une démocratie forte et vivante  ont élu le président  le plus populistes et sans doute le plus catastrophique de leur histoire, les anglais ont suivi les élucubrations et mensonges de Nigel Farage  pour les amener à sortir de l’Europe, ce sont des menteurs assumés sans scrupules présentant des faits alternatifs en face de la réalité des faits objectifs, et pourtant des électeurs leur ont donné une majorité.

Ce changement s’est exprimé dans les urnes vers des partis extrêmes car ils représentent un renouvellement et pas pour d’autres raisons. Les dirigeants de ces partis le savent bien , ils attendent que le pays tombe dans leur mains comme un fruit mur.

En France nous avons le Front National qui au regard des statistiques est, proportionnellement à son nombre d’élu, le parti  le plus malhonnête de France, embourbé dans des affaires de détournement de fond et d’enrichissement personnel et de déclarations fiscales frauduleuses.

Malgré cela, ce parti se permet impunément de traiter les autres partis de pourris.  

Et pourtant,  même si ils savent intimement que ce parti est dirigé par des personnes qui sont très loin d’être plus honnêtes que les autres, un français sur quatre est prêt à voter pour eux. 

Il veulent que ca change et sont prêts à tout pour cela. Le danger vient de là.


Les electeurs républicains modérés se sont retrouvés prisonniers depuis de nombreuses élections dans une offre politique rhumatisante leur laissant le choix entre renouveler une classe politique installée depuis des lustres et dont, en leur fort intérieur ils ne voulaient plus, ou prendre le risque des extrêmes dont ils ne veulent pas du tout.

On peut en vouloir aux partis historiques d’avoir joué sur cette équation impossible afin rester en place.

Or voilà qu’une offre politique nouvelle se fait jour, loin des extrêmes, portée par un jeune homme brillant, intelligent, européen, social et libéral. Cet homme, qui va se battre contre l’establishment qui ne lui donne pas une chance, se moque de lui, va construire un mouvement citoyen faisant appel aux bonnes volontés de tous ceux qui ne supportent plus  de se retrouver devant l’équation politique déletère qu’on leur impose depuis des décennies.

Il offre un renouvellement complet du système en refusant les extrémistes.

C’est une chance unique qui s’offre à la France de montrer aux autres pays que l’on peut tout renouveler sans passer par la case de l’extrémisme. Ce sera l’honneur de la France de montrer ce chemin.

Messieurs les politologues patentés, décillez  vous les yeux, sans faire de psychohistoire, un enfant de 6 ans comprendrait ce qui se passe (allez vite me chercher un enfant de 6 ans pour leur expliquer).

Le raz le bol général a trouvé une formation politique neuve et un projet social libéral européen enthousiasmant. Et vous pouvez vous accrocher tant que vous voulez à vos vieux modèles vous n’irez pas contre le sens de l’histoire.





Opinion Libre