La présidence et les partis dans la 5ème république

portrait GDI

     Géry Divry


Messieurs les journalistes et responsables politiques qui reprochez à Emmanuel Macron d'être ni d'un parti de gauche ni d'un parti de droite et qui nous expliquez doctement sur les plateaux de télévision que selon les règles de la constitution de la cinquième république il ne pourra pas présider sans parti, retournez sur les banc de l'école en écoutant dans quel esprit à été rédigé cette constitution. 

Un président doit representer tous les francais et pas ses seuls partisans! il est garant du bien commun et doit rassembler et non pas diviser.




Charles de Gaulle

Des institutions, une constitution, c'est une enveloppe. La question est de savoir ce qu'il y a dedans. Nous avons fait, j'ai proposé au pays de faire la constitution de 58 après les drames que vous savez, et dans l'intention que, d'ailleurs, j'avais annoncée de la façon la plus formelle et la plus publique, de mettre un terme au régime des partis. Il s'agissait d'empêcher que la République, l'Etat, fut, comme il l'était avant, à la discrétion des partis. Et c'est dans cet esprit que la constitution a été faite, et c'est dans cet esprit, que je l'ai proposée au peuple qu'il l'a approuvée, je suis sûr, qui l'a approuvée dans cet esprit. Alors, si malgré l'enveloppe, malgré les termes, malgré l'esprit de ce qui a été voté en 58, les partis se réemparent des institutions, de la République, de l'Etat, alors évidement, rien ne vaut plus. On a fait des confessionnaux, c'est pour tâcher de repousser le diable, mais si le diable est dans le confessionnal, alors, ça change tout.Or ce qui en train d'être essayé, c'est, par le détour de l'élection du Président de la République au suffrage universel, de rendre l'Etat à la discrétion des partis. Car comment peut marcher la constitution de 58, et comment marche-t-elle ? Et marche-t-elle très bien, je crois, depuis sept ans ? Elle marche grâce à un chef d'Etat qui n'appartient pas aux partis, qui n'est pas délégué par plusieurs partis, et même à plus forte raison, par tous, qui est là pour le pays, qui a été désigné, sans doute, par les événements, mais qui, en outre, répond à quelque chose qui est commun à tous les Français par-dessus les partis et qui est leur intérêt commun, leur intérêt national. C'est comme ça que la constitution marche depuis 58. Si, à la place de ce chef d'Etat qui est fait pour empêcher que la République ne retombe à la discrétion des partis, on met un chef d'Etat qui n'est que l'émanation des partis, alors, je vous le répète, on n'aura rien fait du tout, et tout ce qu'on aura écrit dans la constitution ne changera rien à rien. On en reviendra à ce qui était avant, avec, peut-être, quelques formes légèrement différentes, mais on en reviendra au gouvernement - si tant est qu'on puisse l'appeler comme ça - des partis. Et ce serait, j'en suis sûr, comme j'en ai toujours été sûr, une catastrophe nationale.




Opinion Libre